le blog éclectique de mimi

10 décembre 2017

Citations Jean d'Ormesson

 

crayon de papier
« À l’enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil. À celui de Deferre, c’était un chapeau. Moi, je voudrais un crayon, un crayon à papier, les mêmes que dans notre enfance. Ni épée, ni légion d’honneur, un simple crayon à papier. »  

Citation de Jean d’Ormesson rappelée par le président Emmanuel Macron lors de l'hommage national qui lui a été rendu après sa mort.

*

“Ne vous laissez pas abuser. Souvenez-vous de vous méfier. Et même de l’évidence : elle passe son temps à changer. Ne mettez trop haut ni les gens ni les choses. Ne les mettez pas trop bas. Non, ne les mettez pas trop bas. Montez. Renoncez à la haine : elle fait plus de mal à ceux qui l’éprouvent qu’à ceux qui en sont l’objet. Ne cherchez pas à être sage à tout prix. La folie aussi est une sagesse. Et la sagesse, une folie. Fuyez les préceptes et les donneurs de leçons. Jetez ce livre. Faites ce que vous voulez. Et ce que vous pouvez. Pleurez quand il le faut. Riez. J’ai beaucoup ri. J’ai ri du monde et des autres et de moi. Rien n’est très important. Tout est tragique. Tout ce que nous aimons mourra. Et je mourrai moi aussi. La vie est belle.”


Jean d’Ormesson (1925-2017) C’était bien (2003)

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08 décembre 2017

un mort chasse l'autre

l’académicien
éclipsé par le chanteur
un mort chasse l’autre

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04 décembre 2017

super lune

les nuages cachent
la super lune annoncée
mais quelle froidure !

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01 décembre 2017

une poudrée

ouvrant les volets
une poudrée au jardin
annonce l’hiver

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29 novembre 2017

silhouette

silhouette
courbée sous le vent
et la pluie


27 novembre 2017

pauvres capucines

pauvres capucines
aux feuilles ratatinées !
il reste les tiges…

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22 novembre 2017

peintures de Félix Vallotton

Félix Vallotton, né à Lausanne, le 28 décembre 1865 et mort à Paris, le 29 décembre 1925, est un artiste peintre, graveur, illustrateur, sculpteur, critique d'art et romancier franco-suisse. (wikipédia)
J'aime particulièrement le style de peinture de cet artiste éclectique:

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17 novembre 2017

La voix des sables - conte perse

"Il était une fois un vieux fleuve perdu dans les sables du désert. Il était descendu d’une haute montagne qui se confondait maintenant avec le bleu du ciel. Il se souvenait avoir traversé des forêts, des plaines, des villes, vivace, bondissant, puis large, fier et noble.

Quel mauvais sort l’avait conduit à s’enliser parmi ces dunes basses où n’était plus aucun chemin ? Où aller désormais, et comment franchir ces espaces brûlés qui semblaient infinis ?

Il l’ignorait et se désespérait.

Or, comme il perdait courage à s’efforcer en vain, lui vint des sables une voix qui lui dit :

—Le vent traverse le désert. Le fleuve peut en faire autant. Il répondit qu’il ne savait voler, comme faisait le vent.

—Fais donc confiance aux brises, aux grands souffles qui vont, dit encore la voix. Laisse-toi absorber et emporter au loin.

Faire confiance à l’air hasardeux, impalpable ? Il ne pouvait accepter cela. Il répondit qu’il était un terrien, qu’il avait toujours poussé ses cascades, ses vagues, ses courants dans le monde solide, que c’était là sa vie, et qu’il lui était inconcevable de ne plus suivre sa route vers des horizons sans cesse renouvelés. Alors la voix lui dit (ce n’était qu’un murmure) :

—La vie est faite de métamorphoses. Le vent t‘emportera au-delà du désert, il te laissera retomber en pluie, et tu redeviendras rivière.

Il eut peur tout à coup. Il cria :

—Mais moi je veux rester le fleuve que je suis !

—Tu ne peux, dit la voix des sables. Et si tu parles ainsi, c’est que tu ignores ta véritable nature. Le fleuve que tu es n’est qu’un corps passager. Sache que ton être impérissable fut déjà maintes fois emporté par le vent, vécut dans les nuages et retrouvera la Terre pour à nouveau courir, ruisseler, gambader.

Le fleuve resta silencieux. Et comme il se taisait un souvenir lui vint, semblable à un parfum à peine perceptible. « Ce n’est peut-être rien qu’un rêve », pensa-t-il. Son cœur lui dit : « Et si ce rêve était ton seul chemin de vie, désormais ? »

Le fleuve se fit brume à la tombée du jour. Craintif, il accueillit le vent, qui l’emporta. Et soudain familier du ciel où planaient des oiseaux il se laissa mener jusqu’au sommet d’un mont. Loin au-dessous de lui les sables murmuraient :

—Il va pleuvoir là-bas où pousse l’herbe tendre. Un nouveau ruisseau va naître. Nous savons cela. Nous savons tout des mille visages de la vie, nous qui sommes partout semblables.

La voix sans cesse parle. Comme la mémoire du monde, le conte des sables est infini. "

Conte perse

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14 novembre 2017

Au vif de l'automne Takahama Kyoshi

Lui un mot
moi un mot-
au vif de l’automne

Takahama Kyoshi

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11 novembre 2017

Automne malade - Guillaume Apollinaire

Automne malade et adoré 
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies 
Quand il aura neigé 
Dans les vergers 

Pauvre automne 
Meurs en blancheur et en richesse 
De neige et de fruits mûrs 
Au fond du ciel 
Des éperviers planent 
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines 
Qui n'ont jamais aimé 

Aux lisières lointaines 
Les cerfs ont bramé 

Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs 
Les fruits tombant sans qu'on les cueille 
Le vent et la forêt qui pleurent 
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille 
Les feuilles 
Qu'on foule 
Un train 
Qui roule 
La vie 
S'écoule 

Guillaume ApollinaireAlcools 1913

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