25 avril 2008
histoire de gêneur
Le rôle de gêneur
Des scientifiques ont fait des expériences sur des fourmis. Ils ont observé que l'organisation du travail dans la fourmilière était très structurée. Il y avait la reine, qui pondait les oeufs, les nourrices, qui l'alimentaient, les ménagères, qui nettoyaient, les maçonnes, qui construisaient et réparaient, les ouvrières, qui cherchaient des provisions, les guerrières, qui veillaient à la défense de la fourmilière... Cependant 10 % des fourmis, non seulement ne faisaient rien, mais gênaient le travail des autres, se mettant en travers et parfois même défaisant ce que les autres avaient fait. Les chercheurs, donc, enlevèrent les 10 % de gêneuses, pensant améliorer le fonctionnement du tout. Las ! Au lieu d'un ordre accru, il y eut panique. Les fourmis couraient en tous sens, se rentraient dedans... Au bout d'un certain temps, la fourmilière se reconstitua, et les activités reprirent. Les rôles avaient été redistribués. Chacune avait apparemment sa place. Et... à nouveau 10 % des fourmis passaient tout leur temps à entraver le travail des autres ! Les chercheurs recommencèrent trois fois. A chaque expérience, ils constatèrent qu'une fois supprimé les 10% d' " empêcheuses de tourner en rond ", il y avait désorganisation, affolement. Chaque fois que la fourmilière recommençait à fonctionner, 10 % de nouvelles fourmis avaient repris le rôle d'obstructrices du travail des autres.
Ce qui peut être à mettre en regard de la petite histoire suivante : Un gourou dirigeait un groupe de disciples qui souhaitaient progresser « sur le chemin ». L'un des membres du groupe posait sans cesse des questions, interrompait, mettait en cause, bref, gênait le travail des autres. Ces autres vinrent trouver le gourou et lui demandèrent d'expulser la mauvaise tête. « Moi, je veux bien, si c'est là votre souhait... », répondit le gourou.
« ... mais lequel d'entre vous veut prendre sa place ? »
Trouvé sur le web
31 mars 2008
histoire de s'entendre
S'entendre
Entre ce que je pense
ce que je veux dire
ce que je crois dire
ce que je dis
ce que vous voulez entendre
ce que vous entendez
ce que vous croyez comprendre
ce que vous voulez comprendre
et ce que vous comprenez,
il y a au moins neuf possibilités de ne pas s'entendre.
Auteur inconnu
14 mars 2008
histoire zen: la tasse de thé
La tasse de thé
Nan-in, un maître japonais de l’ère Meiji (1868-1912), reçut un professeur d’université qui venait s’informer sur le Zen.
Nan-in servit le thé. Il remplit la tasse de son visiteur et continua de verser.
Le professeur voyant la tasse déborder ne put se retenir plus longtemps : « Elle est pleine, vous ne pourrez en mettre plus ! »
« Comme cette tasse », dit Nan-in, « vous êtes plein de vos propres opinions et spéculations. Comment puis-je vous montrer le Zen, si vous ne videz pas d’abord votre tasse ? »
04 mars 2008
une histoire de Nasrudin: les illuminés
Les illuminés
On demanda un jour au Mullah Nasrudin :
- Nasrudin, est-ce que certains de tes étudiants sont déjà parvenus à l'illumination ?
- Bien sûr. Beaucoup d'entre eux, répondit Nasrudin.
- Mais comment peux-tu en être certain ?
- C'est facile: ils ont cessé de me suivre et de suivre quiconque, ils ont arrêté de parler sans cesse de «maîtres», d'«enseignements», de «spiritualité» et autres choses du même genre, et ils poursuivent leurs vies libres des peurs et des faux-semblants.
27 février 2008
fable chinoise: la mauvaise direction
Mauvaise Direction
Un homme partit de son pays dans le bassin du Fleuve Jaune pour se rendre au royaume de Chu dans le bassin du Yangzi.
Tout le monde savait que le royaume de Chu était au sud. Cependant, cet homme monta dans sa voiture attelée et se fit conduire vers le nord.
Sur la route on essaya de le détromper :
- Voyons, vous vous trompez de route. Pour se rendre au royaume de Chu, il faut se diriger vers le sud. Pourquoi allez-vous dans la direction opposée ?
Mais notre voyageur répondit :
- Cela ne fait rien. J'ai là de bons chevaux qui vont vite.
- Vous pouvez avoir de bons chevaux, mais si vous continuez à avancer dans cette direction, vous n'arriverez pas au royaume de Chu.
Le voyageur reprit :
- Cela ne fait rien. J'ai beaucoup d'argent sur moi.
- Vous pouvez avoir beaucoup d'argent, ça ne vous servira à rien ; si vous persistez dans cette direction, jamais vous n'arriverez au royaume de Chu.
- Cela ne fait rien. J'ai là un cocher qui sait conduire à merveille.
Ainsi, s'obstinait le voyageur qui voulait se rendre au royaume de Chu en se dirigeant vers le nord.
Quelqu'un lui dit :
- D'avance je vous mets en garde ; meilleurs sont vos chevaux, plus garnie votre bourse et plus habile votre cocher, plus vous vous éloignerez du royaume de Chu.
20 février 2008
histoire du jeune moine et de l'ancien
Un jeune moine confessa un jour:
« Je me suis beaucoup fatigué sur les livres, mais ce que j'y ai trouvé est bien peu de chose. »
L'ancien lui dit alors:
« Beaucoup vont à la pêche et ne ramènent à la maison que des rhumatismes. »
Ce même moine lui dit aussi:
« Dans le monde, j'ai connu un homme qui avait une très grande idée de lui-même. »
L’ancien répondit:
« Sois certain que quand quelqu'un a une très grande idée de lui-même, c'est bien la seule grande idée qu'il a. »
11 février 2008
une histoire de Nasrudin: celui qui sait
Un jour, Nasrudin décida de voyager pour parfaire son savoir. Quand un jeune homme lui demanda quels gens il allait chercher à rencontrer, il dit, se rappelant quelques sages paroles entendues au marché :
« Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, il est stupide. Il faut l'éviter.
Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est un enfant. Il faut lui apprendre.
Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est endormi. Il faut le réveiller.
Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre. »
Nasrudin marqua une pause puis continua :
« Mais, vous savez combien il est difficile, mon fils, d'être certain que celui qui sait et sait qu'il sait, sait vraiment. »
02 février 2008
mythe amérindien: le rêve de la baleine
Voici un mythe amérindien expliquant l’histoire de l’univers, intéressante à méditer; mais laissons-nous déjà porter par sa poésie...
Au début le Grand Esprit dormait dans le rien. Son sommeil durait depuis l'éternité. Et puis soudain, nul ne sait pourquoi, dans la nuit, il fit un rêve. En lui gonfla un immense désir… Et il rêva la lumière. Ce fut le premier rêve, la toute première route. Longtemps, la lumière chercha son accomplissement, son extase. Quand finalement elle trouva, elle vit que c'était la transparence. Et la transparence régna. Mais voilà qu'à son tour, ayant exploré tous les jeux de couleurs qu'elle pouvait imaginer, la transparence s'emplit du désir d'autre chose. A son tour elle fit un rêve.
Elle qui était si légère, elle rêva d'être lourde. Alors apparut le caillou. Et ce fut le deuxième rêve, la deuxième route. Longtemps le caillou chercha son extase, son accomplissement. Quand finalement il trouva, il vit que c'était le cristal. Et le cristal régna. Mais à son tour, ayant exploré tous les jeux lumineux de ses aiguilles de verre, le cristal s'emplit du désir d'autre chose qui le dépasserait. A son tour il se mit à rêver.
Lui qui était si solennel, si droit, si dur, il rêva de tendresse, de souplesse et de fragilité. Alors apparut la fleur. Et ce fut le troisième rêve, la troisième route. Longtemps, la fleur, ce sexe de parfum, chercha son accomplissement, son extase. Quand enfin elle trouva, elle vit que c'était l'arbre. Et l'arbre régna sur le monde. Mais vous connaissez les arbres, on ne trouve pas plus rêveurs qu'eux (ne vous amusez pas à pénétrer dans une forêt qui fait un cauchemar). L'arbre, à son tour, fit un rêve.
Lui qui était si ancré à la terre, il rêva de la parcourir librement, follement, de vagabonder au travers d'elle. Alors apparut le ver de terre. Et ce fut le quatrième rêve, la quatrième route. Longtemps, le ver de terre chercha son accomplissement, son extase. Dans sa quête, il prit tour à tour la forme du porc-épic, de l'aigle, du puma, du serpent à sonnette. Longtemps il tâtonna. Et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure, au beau milieu de l'océan, un être très étrange surgit, en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement. Et ils virent que c'était la baleine. Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde. Et tout aurait peut-être dû en rester là, car c'était très beau. Seulement voilà… Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes, la baleine, à son tour, ne pût s'empêcher de s'emplir d'un désir fou.
Elle qui vivait fondue dans le monde, elle rêva de s'en détacher. Alors, brusquement nous sommes apparus, nous les hommes. Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route, en marche vers le cinquième accomplissement, la cinquième extase.
Et ici je vous dis : Faites très attention ! Car voyez-vous :
Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie.
Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort.
Dans le plus petit brin d'herbe, sommeille un baobab.
Et dans tout ver de terre, se cache une baleine.
Quant à nous, nous ne sommes pas " le plus bel animal ", nous sommes le rêve de l'animal ! Et ce rêve est encore inaccompli.
Que se passerait-il si nous éliminions la dernière des baleines qui sont en train de nous rêver ?
Mythe rapporté par Patrice Van Eersel dans son livre : Le Cinquième Rêve.
01 février 2008
baisse de moral: histoire de Nasrudin
Un voisin du Mullah Nasrudin était venu le voir pour lui conter ses malheurs. Il semblait visiblement bien attristé par ce qui lui était arrivé dernièrement, des problèmes divers et variés auxquels s'ajoutaient des inquiétudes sur la marche du monde.
Nasrudin, assis sur le banc à côté de son voisin, écoutait patiemment, sans un mot.
Soudain, alors que son voisin continuait de se lamenter sur son sort, le visage de Nasrudin s'éclaira :
- Voisin, tu aimerais pouvoir être dégagé du besoin de travailler pour nourrir ta famille ?
- Oui, dit le voisin qui venait de se plaindre du temps passé en voyages pour vendre ses marchandises.
- Voisin, tu voudrais pouvoir rester faire la sieste à l'ombre d'un arbre frais quand tu le souhaites ?
- Oui, fit le voisin avec un visage qui commençait à s'éclairer.
- Voisin, tu voudrais pouvoir passer ton temps à jouer ou à te détendre sans rendre de comptes à personne ?
- Oh oui ! fit le voisin qui commençait de reprendre espoir.
- Voisin, tu voudrais que l'on te donne de l'affection seulement quand tu viens en chercher, sans rien te demander en retour ?
- C'est bien cela Nasrudin ! Que tu es clairvoyant ! dit le voisin avec ardeur.
Nasrudin se leva d'un bond et se mit à courir en direction du village. Le voisin se leva et héla Nasrudin avant qu'il ne soit trop loin:
- Mais Nasrudin, où vas-tu ?
- Je cours à la mosquée pour prier Allah de te transformer en chat !
28 janvier 2008
histoire d'attention
"Un jour un homme aborda Ikkyu et demanda: "Maître, voudrais-tu écrire pour moi quelques maximes de la plus haute sagesse?" Ikkyu prit son pinceau et écrivit: "Attention". "C'est tout?" demanda l'homme. Alors Ikkyu écrivit: "Attention. Attention.". "Eh bien, fit l'homme, je ne vois rien de bien profond dans ce que tu as écrit." Alors Ikkyu écrivit le même mot trois fois:"Attention. Attention. Attention.". A moitié fâché, l'homme demanda: "De toute façon, que signifie ce mot:"Attention"? "Ikkyu répondit doucement:"Attention veut dire attention."








