06 octobre 2008
tanka feuilles jaunes
Deux trois feuilles jaunes
Eparses sur le gazon
Annoncent l’automne ;
Quelques fils dans mes cheveux
Commencent à s’argenter
23 juillet 2008
tanka fleurs de tilleul
Les fleurs de tilleul
Colorent d’un blond doré
Tous les caniveaux
Que ne les ai-je cueillies
Pour ma tisane du soir !
tanka le cri d'une pie
La fenêtre ouverte,
Venant du vinaigrier
Le cri d’une pie;
Oui mais au creux de mon lit
Une envie de flemmarder...
définition du tanka
Le tanka est une forme de la poésie traditionnelle waka; il est plus vieux que le haïku, dont il peut être considéré comme un ancêtre.
Le tanka est un poème de 31 pieds construit en deux parties, la deuxième venant conforter la première. Un tanka soucieux du respect des règles originelles doit ainsi marquer une légère pause entre les deux et ne traiter que d'un seul sujet à la fois. Il peut questionner mais ne donne aucune réponse.
La première partie est traditionnellement un tercet de 17 pieds d'une structure 5-7-5 (devenu plus tard haïku), et la deuxième un distique de 14 pieds de structure 7-7. Il arrive cependant que la première partie soit le distique et la deuxième le tercet. La première montre une image naturelle, tandis que la seconde peut éventuellement exprimer des sentiments humains ressentis, liés au sujet précédent, sans que cela soit une règle absolue.
Selon, Fujiwara no Teika (1162-1241), « sens et expression seraient comme les deux ailes d’un oiseau ». De sorte qu’un des principes forts du tanka réside dans la juxtaposition de deux éléments. D’une part, la réalité du monde dans lequel nous vivons, attentifs à la Nature, à travers la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. D’autre part, les sentiments que cela nous inspire. (issu de wikipedia)
La couleur des fleurs
S'est fanée hélas
Tandis que le regard perdu
Je pense à la fuite de mes jours
Dans la nuit où il pleut sans fin
Ono no Komachi (née durant le premier quart du IXe siècle, possiblement en 809, probablement décédée en 900 ou 901)
(Traduction de Gaston Renondeau)
Maxianne Berger, poète de tanka contemporaine, précise : « Traditionnellement, le tanka est plus personnel que le haïku : outre la nature, on considère davantage le sentiment, l’état et le statut du poète, les soucis du cœur humain – l’amour, la mort, l’existence dans l’immensité de l’univers. Pour la partie Nature, la description est plus précise, concrète – portant sur ce que l’on peut percevoir. Pour la partie Soucis, le texte est plus abstrait, émotif, sentimental – portant sur ce que l’on ressent intérieurement. » (issu de la revue francophone du tanka)
Le livre de Tawara Machi, professeur japonais de littérature sorti en 1987 « L’Anniversaire de la salade », a connu un très grand succès, révolutionnant le genre du tanka. Tout en préservant certaines qualités propres au tanka : concision, pouvoir d’évocation, musicalité, Tawara Machi s’affranchit toutefois de la forme classique et raconte les petits événements de sa vie de jeune femme de 23 ans, la musique, la mer, les voyages, la cuisine, le base-ball, l’amour, y introduit un langage familier, des bribes de conservations, des icônes du monde moderne. Sa traduction française est sortie fin mai.
D'un claquement j'ai étiré la chemise
et tandis qu'elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur
Tawara Machi










