12 mai 2008
pour paroles plurielles: ombres
Ecrit pour "paroles plurielles"; consigne: l'incipit (Ce matin...longtemps) et une photo de personnages en ombre sur un mur
Ombres
Ce matin pour la première fois depuis longtemps, le soleil s’est invité dans mon cœur. Depuis ma fenêtre, j’ai vu sur le mur d’en face des ombres qui n’étaient pas inquiétantes; elles me paraissaient même attirantes dans leur farandole comme de joyeux fantômes faisant tournoyer leurs boulets; ces ombres me faisaient signe, et j’ai senti leur invitation à me joindre à elles, à balancer moi aussi mes chaînes et boulets...
-Ne lâche pas ton lest, me dit une voix grinçante, ça te donne un poids et une épaisseur rassurantes, ça t’ancre au sol, ça te maintient dans la réalité…
-oui mais ça te plombe, répondirent les ombres, allez, sors de ta prison, viens donc danser avec nous !
Le soleil fit un clin d’œil et disparut derrière un nuage ; les ombres s’effacèrent, le mur redevint gris… « A bientôt ! » me surpris-je à murmurer…
Je sortis de mon appartement et me dirigeai vers la bouche de métro pour me mêler à toutes ces tristes ombres muettes se rendant à leur travail, puis je fis demi-tour et partis flâner sur les quais.
08 mai 2008
impromptus littéraires: la nuit où j'ai volé
Ecrit pour les "impromptus littéraires";consigne: l'incipit (La nuit où...dos du dragon)
La nuit où j’ai volé sur le dos du dragon
Il m’emmena à l’autre bout de l’horizon
Tel un éclair en deux coups de cuillère à pot
Et j’entendais vibrer de drôles de grelots
Quand tout à coup il fit une grande embardée
Puis violemment sur terre je suis retombée
Mon psy à qui j’ai conté ma mésaventure
M’a suggéré de choisir une autre monture
J’ai donc pris rendez-vous chez un bon oculiste
Qui m’a donné l’adresse d’un vieux garagiste
J’y ai dégotté une super deux-chevaux
Et vais tranquille par les chemins vicinaux
07 mai 2008
poème arc en ciel
Aux pâquerettes si pâles
Rose et subtil liseré,
Clarté du plus pur cristal
Et son fin spectre irisé,
Neige dans l’ombre hivernale
Cette nuance bleutée...
Il n’est une qui l’égale
En délicates lueurs :
Le blanc, génie des couleurs !



02 mai 2008
impromptus littéraires: après l'amour
Ecrit pour les"impromptus littéraires"; sujet imposé: après l'amour...
Après l’amour voici la haine
C’est le moment de nous quitter
Sûrement pour briser les chaînes
Qui nous tenaient bien ligotés
Après l’amour l’indifférence
Peu de choses à partager
Anesthésiés par l’indolence
Où l’on finit par s’emmerder
Je conseille non sans humour
Avec l’amour maturité
D’éviter la rime « toujours »
Ouvrir l’espace liberté
Et renouer au fil des jours
Ce lien vivant à inventer
01 mai 2008
feuilles enroulées
Feuilles enroulées
En retard pour le premier
Quelques grappes vertes
24 avril 2008
impromptus littéraires: j'aimerais devenir
Ecrit pour les"impromptus littéraires" avec l'incipit "j'aimerais devenir" comme consigne
J’aimerais devenir ruisseau
Effleurer le pied des roseaux
Me faufiler entre les pierres
En un clignement de paupière
M’engouffrant au fond de la terre
Former de vastes paysages
Goutte à goutte pointes altières
Cathédrales du fond des âges
Pour ressortir à la lumière
En bonds rapides dans les prés
Charriant des herbes en crinière
Sur mes flots aux reflets diaprés
Sentir glisser la truite fière
Frétiller le brillant goujon
Abriter une héronnière
Au calme en un souple abandon
Croisant belles aventurières
Enfler et devenir rivière
Puis fleuve dans un grand élan
Aller me fondre à l’océan
23 avril 2008
paroles plurielles: à quoi penses-tu
Ecrit pour paroles plurielles ; consigne: l’incipit et une photo de Coumarine représentant un restaurant vu d’en haut ; il s’agissait de se mettre dans la peau de l’un des clients.
A quoi penses-tu?
Il faut absolument que je pense à prendre un rendez-vous chez l’ophtalmo, mes lunettes ne sont plus adaptées; j’ai bien repéré qu’on me regardait de là-haut mais je n’arrive pas à distinguer la personne ni ce qu’elle trafique; d’ailleurs est-ce vraiment moi qu’on regarde? Je n’aime pas trop çà… J’ai l’impression d’être sur une scène de théâtre… Etre vue sans voir, quel drôle de ressenti, ça donne le trac… Pourtant j’aimerais tant monter sur une scène! Non, je ne rêve pas de jouer à la star comme toutes ces gamines qui bavent devant leur poste de télévision; j’adore chanter, ça me met en transe… Je voudrais juste sentir vibrer ma voix et partager cette vibration avec un auditoire…
--A quoi penses-tu ?
--Hein ? Oh, à rien, je pensais juste qu’il fallait que je prenne rapidement un rendez-vous chez l’ophtalmo!
22 avril 2008
impromptus littéraires: tache de vin
Ecrit pour les impromptus littéraires avec comme consigne: parler d'une tache de vin
C’est une tache lie de vin
Important signe du destin
Pas la tache café au lait
Si discrète sur le mollet
Un côté du visage atteint
Qu’il masque avec du fond de teint
Qu’il cache parce qu’il l’abhorre
Bizarrement elle, elle adore
Coup d’oeil rapide dans la glace
Léger défaut dans la cuirasse
Charmant pli au coin la bouche
Cette fêlure ça la touche
Son joli visage angélique
Et sa touche mélancolique
Lorsque très émue elle l’effleure
Toute une humanité affleure
08 avril 2008
histoire d'épices
Ecrit pour les impromptus littéraires sur le thème des épices
Tous unis
Le poivre noir du haut de sa superbe
Se sent incontournable et dit acerbe
A la cannelle qu’elle est trop douceâtre,
Mais le curry dans son habit jaunâtre
Rappelle à tous qu’il a la préséance.
Le cumin alors propose une alliance :
« Que diriez-vous d’appeler le gingembre
Et pourquoi pas quelques grains de coriandre
Ainsi que ce si sympathique anis
Quelle saveur puissante tous unis ! »
Au fond d'un cachot
Ecrit pour la petite fabrique d'écriture
Au fond d’un cachot
Je n’y comprends rien, je me retrouve au fond d’un cachot. Qu’est-ce que je fais là, quelle faute ai-je bien pu commettre ?... Mystère…
Comme je suis très vieille, j’étais le plus souvent allongée sur un canapé dans une petite chambre retirée ; c’est dire que je ne faisais aucun mal ! Et même, depuis un certain temps, plus personne ne s’intéressait à moi, si décatie, et je me sentais bien seule dans ma chambrette, abandonnée de tous avec tant de regrets en tête !
Car j’ai été très belle autrefois, le teint frais et les joues roses, jolie poupée disait-on autour de moi ! Mes séances de coiffure duraient des heures, j’avais aussi une sacrée garde-robe, je faisais l’admiration de tous ! Ah, J’en ai eu des bisous et des câlins! J’étais comblée par tout l’amour qu’on m’offrait !... Mais était-ce vraiment de l’amour… C’est bien fini tout çà …
Je me souviens, j’avais un super copain un peu bizarre qui portait toujours une drôle de tenue ; il avait une espèce de chapeau ridicule sur la tête, il faisait rire tout le monde avec ses grimaces ; je l’aimais beaucoup. Il jouait souvent du tambour, mais un beau jour il n’a plus pu en jouer, il s’est retrouvé paralysé. Alors je ne l’ai plus jamais revu, je n’ai plus jamais entendu parler de lui… J’avais aussi un autre ami ; lui, c’était vraiment une bonne pâte, il savait consoler de tous les chagrins ; il était surnommé Nounours ; lui aussi a fini par disparaître de mon univers; le pauvre ne ressemblait plus à rien : il était tout déplumé, il s’était fait déchiqueter une oreille et il avait même perdu un œil !
Mais que me reproche-t-on donc? Qu’est-ce qui me vaut d’être ainsi maltraitée ? Je ne le saurai sans doute jamais…C’est peut-être tout simplement le sort réservé aux inutiles…Dans cette geôle, il y a vraiment de tout, ça sent le renfermé, il fait noir, c’est minuscule et on est serrés comme des harengs. Mais ce qui me console, c’est que j’y ai retrouvé mes chers amis, le clown tambourinaire et Nounours.








