Chaque matin je me réveille
Mon traversin sur les oreilles
En pensant bien m’être échappée
Mais non, je suis toujours à quai !

Ce que les poètes racontent
Et les magiciens dans les contes
Toutes ces étranges contrées
N’est-ce donc que billevesées ?

Mon espoir je dois m’y résoudre
Tient entier dans un dé à coudre
Malgré tout je dois l’avouer
Je continuerai de rêver

Dans les remous d’une cascade
Où belles ondines gambadent
Plonger et se laisser glisser
Puis sur un rocher s’ébrouer

Dans les sinueuses racines
Au parfum musqué de résine
Croiser de drôles d’entités
Si gaies dans leur difformité

Là où se gonflent les nuages
Et se disputent les orages
Sur l’aile du vent s’envoler
D’un clac de doigt sans escalier

Pourquoi pas au fond d’une forge
Flamboyante et piquant la gorge
Dans l’antre rouge aller fouiller
Et les enfers apprivoiser

Il suffit de croire à ses rêves
Et un chant magique s’élève
Mélancolique ou enjoué
C’est la vie, juste l’accepter !