31 août 2009
les coteaux
les coteaux
roussissent déjà
-canicule
30 août 2009
fil et perles
Ce ne sont pas les perles qui font le collier. C'est le fil.
Anonyme
29 août 2009
insultes et flatteries
Qui m'insulte, parfois, me dit la vérité. Qui me flatte, plus souvent qu'autrement, me ment.
Anonyme
28 août 2009
fragments de Marcel Peltier
une fleur
à la main
silencieux
*
sa jambe
nue
hors du lit
*
relevé
du courrier
factures
*
le silence
au bout du fil
une respiration
*
Chaque vague
Un instant
de lune
*
traces
sur le sable
marée
*
En ce silence
Apprendre le
nuage
*
Eau limpide
Une feuille morte
s’éloigne
*
deux ombres
sur le sol pierreux
s'éloignent
27 août 2009
Tankas de Tawara Machi
D'un claquement j'ai étiré la chemise
et tandis qu'elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur
*
Alors que tu ne pouvais être là
Sur ton parfum me suis retournée
Pays natal et fête de l’été
*
Dans l’air marin ton odeur soudain danse…
Prise et serrée dans tes bras
Je deviens coquillage
*
Attendre qui ? Pour moi attendre quoi ?
"Attendre" ce verbe d'un bond
devient intransitif
*
Il n'y a pas de quoi en faire un drame
Posée sur ma main droite toute ma vie solitaire
dans ce citron pourri"
Tawara Machi
26 août 2009
les enseignements du quotidien
Lorsque le grand mystique Soufi Hassan fut sur son lit de mort, quelqu'un lui demanda qui avait été son maître. Hassan répondit: "J'ai eu tant de maîtres que citer leur nom prendrait des années. Il est trop tard à présent. Je vais cependant vous parler de trois d'entre eux. Le premier maître dont je veux vous parler était un chien. En m'approchant d'une rivière pour me désaltérer, je vis un chien assoiffé comme moi. Il se pencha sur l'eau et, effrayé par son reflet, aboya en reculant. Mais il avait tellement soif qu'il revint. Malgré ses craintes, il sauta dans l'eau. L'image redoutable disparut immédiatement. Je compris que l'existence me faisait parvenir un message: saute en dépit de ta peur.
Le deuxième était un voleur. Un jour, je me perdis dans le désert. Lorsque j'atteignis enfin un village, il faisait nuit noire et les habitants étaient couchés depuis longtemps. Un seul homme était encore debout, en train de percer la porte d'une maison. Je lui demandai s'il pouvait m'indiquer un endroit où passer la nuit. "Vous ne trouverez plus rien à cette heure-ci, me répondit-il, mais si vous n'y voyez pas d'inconvénient, vous pouvez venir chez moi. Je suis un voleur." Cet homme était remarquable, je suis resté un mois entier sous son toit. A la nuit tombée, il m'annonçait: "Je vais travailler. Reposez-vous et priez." À son retour, je lui demandais si tout s'était bien passé. Il me répondait chaque fois: "Cette nuit, je n'ai rien trouvé. Demain peut-être, si Dieu le veut..." Jamais je ne l'ai vu se décourager. Il était toujours content. Pendant des années, j'ai médité sans interruption. Rien ne se produisait. Souvent, j'ai été au bord du désespoir et à deux doigts de tout laisser tomber. Au dernier moment, je me rappelais ce voleur et les paroles qu'il prononçait en rentrant chez lui après une nuit infructueuse: "Demain je réussirai, si Dieu le veut."
Le troisième maître était un petit garçon. Il se rendait à la mosquée, une bougie allumée à la main. Du haut de mon érudition, j'eus envie de l'instruire.
"As-tu allumé la bougie toi-même? lui demandais-je.
- Oui, monsieur, fut la réponse.
- Ainsi donc, cette bougie qui n'était pas allumée est devenue une bougie allumée. Peux-tu m'indiquer la source de la lumière?", poursuivis-je en croyant le coincer. Le garçon se mit à rire et souffla la bougie.
"Vous avez vu la flamme s'éteindre? me dit-il. Où la lumière est-elle partie? Dites-le moi!"
Mon ego eut le bec cloué, toute mon érudition s'écroula. Je compris soudain ma propre stupidité et renonçai à prétendre savoir quelque chose. En vérité, je n'ai pas eu un maître déterminé. Cela ne signifie pas que je ne fus pas un disciple. J'ai accepté l'existence toute entière comme maître. Et cet abandon était un engagement très profond. J'ai dit oui à la vie en tant que telle. Je n'ai pas eu un maître, j'en ai eu des milliers. Tout et n'importe quoi m'a procuré un enseignement."
Récit tiré du tarot d'Osho
25 août 2009
Singes et douche froide
Un groupe de scientifiques plaça cinq singes dans une cage et, au milieu de celle-ci, un escabeau avec des bananes. À chaque fois qu'un des singes tentait de grimper à l'escabeau, une douche glacée aspergeait automatiquement les autres.
Au bout d'un certain temps, à chaque fois qu'un des singes faisait mine de vouloir grimper sur l'escabeau, les autres le frappaient (par crainte de prendre une douche glacée). Bien entendu, au bout de quelque temps, aucun des singes ne se risqua plus à grimper sur l'escabeau malgré la tentation.
Les chercheurs décidèrent alors de remplacer un des singes.
La première chose que fit le nouveau fut de vouloir monter sur l'escabeau. Aussitôt, les autres se mirent en devoir de le frapper. Quelques raclées plus tard, le nouveau membre de la communauté avait appris à ne plus grimper sur l'escabeau, sans même connaître la raison de cette interdiction.
Un deuxième singe fut remplacé et subit le même sort que le premier. Celui-ci se joignit aux autres pour le battre dès qu'il tentait de grimper sur l'escabeau.
Un troisième singe fut échangé et le processus se répéta. Le quatrième puis le cinquième singe furent échangés, chacun à leur tour et à des intervalles adéquats. Ils subirent le même sort à chaque fois qu'ils tentèrent de grimper sur l'escabeau.
Le groupe de cinq singes résultant de l'expérience, bien que n'ayant jamais reçu de douche froide, continua à frapper tout nouvel arrivant qui tentait de monter sur l'escabeau.
S'il était possible de parler avec ces singes et de leur demander pourquoi ils frappent ceux qui tentent de monter sur l'escabeau, je parie que leur réponse serait : « Je ne sais pas, mais ici c'est comme ça. »
Ce comportement ne vous semble-t-il pas familier ?
24 août 2009
Her Morning Elegance
original réveil ou rêve:
Her Morning Elegance / Oren Lavie
23 août 2009
Les affranchis d'Alexis HK
22 août 2009
haïkus anciens nuit et lune
Merci à Keisakou qui, en résonance avec ma présentation d'oeuvres ayant trait à la lune, m'a proposé en commentaires de superbes haïkus de nuit et de lune ; les voici regroupés :
Toute la nuit
sous la lune ronde
à faire le tour de l'étang
Bashô
Fût-ce en mille éclats
elle est toujours là-
la lune dans l'eau!
Ueda Chôshu
Elle a couché l'enfant
elle lave à présent le linge -
la lune d'été
Issa
Tout le monde dort
Rien entre
La lune et moi
Seifujo
Minuit profond
la Rivière du ciel
a changé de place
Ransetsu
Lune d'été-
de l'autre côté de la rivière
qui est-ce?
Chora
Glaçant mon ventre
les rames frappent la vague
nuit de larmes
Bashô
En voici encore quelques uns:
Aux admirateurs de lune
les nuages parfois
offrent une pause
Bashô (1644-1694)
le voleur
a tout pris sauf
la lune à la fenêtre
Ryokan (1758-1831)
Lune solitaire
Abandonnée à la nuit
Qui donc vous regarde
Sôseki (1867-1916)
Seul regardant
la lune qui s'enfonce
derrière les montagnes
Santoka (1882-1940)











