31 décembre 2007
paper cut

papier découpé d'Emma Van leest 'a gradual passing' 2007
Tabac: plante médecine ou fléau
Au moment où tous les médias ne parlent que de l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants qui prendra effet dans quelques heures, me vient l’envie de retracer un peu l’histoire du tabac, ce produit devenu l’ennemi public n°1.
Le tabac a été utilisé par de nombreuses tribus amérindiennes, notamment au cours de rites religieux et sociaux dès les premiers siècles de notre ère comme en atteste la découverte de pipes et de représentations de dieux et de prêtres fumant, vieilles de près de 2 000 ans. Le symbolisme ornemental des pipes montre bien qu'il s'agit d'une pratique rituelle; cette plante a toujours été utilisée lors des cérémonies pour bénir les mariages ou les récoltes, chasser les mauvais esprits... Le tabac y est aussi utilisé sous forme de cigares; il est également prisé et son jus, extrait des feuilles broyées, peut aussi être bu.
Dans ces sociétés dites "primitives" le tabac est donc associé au "sacré". L'usage de cette plante n'est pas quotidien: il est réservé à des rituels individuels de méditation, avant d'entrer dans les huttes de sudation par exemple, ou bien collectifs, l'usage du calumet étant le moyen de mêler son souffle à celui de l'univers.
Quel que soit son mode d'utilisation, le tabac est toujours en liaison avec le chamanisme. Les chamanes usent du tabac (parfois mélangé à d'autres plantes hallucinogènes) pour communiquer avec le surnaturel. Les effets hallucinogènes de la plante leur permettent en effet de "voir autrement qu'avec les yeux" et facilitent "les métamorphoses" que doivent subir les chamanes pour accéder au monde des esprits…
Le tabac induit la transe chamanique et il est considéré comme une médecine; il peut être utilisé comme médicament ; des vertus calmantes et euphorisantes lui sont attribuées, propres à engendrer réflexion et rêveries (les biochimistes contemporains reconnaissent bien en effet ses capacités d’action sur le système neuro- végétatif) ; mais surtout, dans les rites de purification et dans toutes les opérations destinées à la guérison, il suscite la venue des "esprits auxiliaires" permettant au chamane de "s'ouvrir" et de recevoir la connaissance des "plantes guérisseuses": celui-ci émet un diagnostic et propose un traitement, révélés par le "monde autre".
On voit bien l’association qui est faite entre le tabac, le savoir, le soin et la spiritualité : le tabac permet d’avoir accès à "l’autre monde", de recevoir et de décoder ses messages pour le mieux-être des hommes.
Inconnu hors du continent américain jusqu'en 1492, son usage gagna rapidement le monde entier à la suite de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb : les colons découvrant auprès des indigènes ses vertus calmantes, euphorisantes voire antalgiques, le tabac fut d’abord considéré comme une panacée. L'usage du tabac, fumé, prisé ou chiqué, gagna rapidement toute l'Europe. Mais surtout le tabac n’allait pas tarder à devenir une drogue ; la prise de tabac devint alors très à la mode à la cour de France .Dès le milieu du dix-septième siècle, le tabac était cultivé sur pratiquement toute la planète. Malgré des tentatives de prohibition dans plusieurs pays, son usage se répandit dans le monde entier.
Aussi, la plupart des états préférèrent rapidement instituer des taxes ou se réserver l'exclusivité de son commerce !
Ils se rendent compte maintenant que les conséquences financières qui résultent de l'usage abusif de ce produit sont plus coûteuses que les profits que sa vente génère.
Hé oui, les conséquences financières et non la santé des personnes amènent les états à tenter de restreindre l’usage du tabac et l’interdire dans les lieux publics !
Et voilà comment le tabac qui, avec la colonisation, s’est répandu en étant coupé de tout le sens profond qui lui était donné, sans tous les rituels qui lui étaient rattachés pour encadrer son usage, a perdu sa dimension de médiateur vers une connaissance sacrée pour devenir un grand fléau mondial (surtout avec tous ses adjuvants… n’est-il pas ?)
30 décembre 2007
haïku image d'hiver

Haïkus d'hiver de grands poètes japonais
BASHÔ (1644-1694)
nuit glaciale
la cruche qui éclate
me réveille
*
eh bien donc allons
pour voir la neige
jusqu'à tombé épuisé
*
BUSON (1716-1764)
ou les pieds
la vieille couverture
*
ISSA (1763-1827)
sur ce carré de neige fondue
devant ma porte
*
RYOKAN (1758-1831)
une fois de plus mon lit
est glacial
*
Du fait de la traduction, ces haïkus ne font pas les 17 syllabes réglementaires
Petite histoire pour aider aux bonnes résolutions du nouvel an
SAVOIR PLACER SES CAILLOUX !
...traduction originale de Paul Gadoury
Un jour, un vieux professeur de l'École Nationale d'Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l'un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "faire passer sa matière ".
Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un lentement, puis leur dit : "Nous allons réaliser une expérience".
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot.
Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :
"Est-ce que ce pot est plein?".
Tous répondirent : "Oui".
Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :
"Est-ce que ce pot est plein?". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.
L'un d'eux répondit: "Probablement pas !".
"Bien !" répondit le vieux prof. Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".
Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves répondirent :"Non!".
"Bien!" répondit le vieux prof. Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :
"Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? "
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".
"Non" répondit le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :
"Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite".
Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.
Le vieux prof leur dit alors :
"Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps... ?Ou... toute autre chose
Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.
Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question :
Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?
Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"
D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle.
citations pour aider aux bonnes résolutions de nouvel an
"Commencez par changer en vous ce que vous voudriez changer autour de vous" Gandhi
"Un pas à la fois me suffit" Gandhi
"Même un voyage de mille lieues commence par un pas" Anonyme (Japon)
"Il vaut mieux fortifier ses points forts que combler ses points faibles" Bernard Werber
"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" Isaac Newton
"On ne peut pas aimer l'humanité, on ne peut aimer que des gens" Graham Greene
"L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu, tout ce qu'il fait à la toile, il se le fait à lui même" Sagesse amérindienne
"Notre joie ne peut survivre sans nourriture, notre tristesse non plus,notre désespoir non plus; rien ne peut survivre sans nourriture" Thich Nhat Hanh
29 décembre 2007
puzzle dentelle d'hiver niveau moyen


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Les pieces sont dans le bon sens, pas besoin de les retourner, juste les mettre en place en s'aidant des bords noirs pour commencer
Un haïku qu'est-ce que c'est d'abord?
Un haïku est un petit poème japonais composé de trois vers en 17 syllabes (5-7-5), écrit très simplement, sans artifice de langage, sans grandes envolées lyriques, sans rimes; il est le plus souvent lié à la nature (et/ou la nature humaine et ses travers-on l'appellera alors un senryu-) et comporte habituellement une référence à la saison (le kigo). Il vise à saisir une scène prise sur le vif, la perception d'un instant qui résonnera chez le lecteur,"l'instant haïku", mélange subtil de simplicité et de profondeur, de fugace et d'immuable.
Quelques définitions d'auteurs de haïkus:
"Un bon haïku est à l'image d'une rivière peu profonde dont on voit le lit de sable fin" Bashô
"Le haïku est un doigt qui pointe la lune; si la main est parée de bijoux, on ne verra plus ce qu'elle montre" James W Hackett
"Le haïku est comme un cercle, une moitié fermée par le poète, l'autre moitié par le lecteur" Ogiwara Séisensui
"Ces expériences où l'on est heureux de rien" Michel Jourdan
"Ecrire des haïkus c'est choisir délibérément d'aller à l'essentiel. Il n'y a pas de place pour le superflu car il n'y a pas de place tout court" Dominique Chipot
"Tout ce qui n'est pas réellement présent dans le coeur ne relève pas du haïku" Santoka
Est-ce que j'écris vraiment des haïkus ou seulement des tercets? Je n'en sais fichtre rien...disons que j'essaie et que j'aime çà!
quelques haïkus adaptés au temps qu'il fait brrr
Au petit matin
dans le silence glacé
les poils du nez collent
*
Les arbres figés
dans une armure de glace-
souffle suspendu
*
Un bouquet de gui
tout en haut du peuplier
ou un nid de pie?
*
Par un froid pinçant
l'odeur grillée des chataignes
en papier journal
Se lancer
Et voilà la fin d'année; une fin ou un début? C'est le moment que je choisis pour lancer ce blog. Noël est passé, finie la fête, ou plutôt on pense à la suivante, le nouvel an; Chez moi, c'est calme, pas de grosse bringue, je n'aime plus cà; pour tout dire en prenant de l'âge (eh! oui!), je suis devenue un peu sauvage et j'ai besoin de tranquillité;durant ces vacances, à part pianoter, je me balade dans la nature glacée de ma belle région de Franche-Comté en prenant des photos et essayant d'écrire des haïkus; je vous assure que c'est bien plus magnifique que toutes les guirlandes qu'on tente de nous refiler partout pour agrémenter nos façades et jardins sans égard pour notre pauvre planète! Oh, une donneuse de leçons, quelle rabat-joie direz-vous. Non, non, je ne suis pas un bonnet de nuit, et même j'aime bien rigoler! Mais quand même, cette belle planète, veillons à la préserver! Jugez par vous-même: quelques photos, certaines ne sont pas mal, qu'en pensez-vous?















